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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 18:44

 

Aimé Michel, le libre-penseur et les ovnis. Par Thibaut Canuti 

 

livre_l_apocalypse_molle_aime_michel.jpg 

 « Pour moi, je n'ai jamais eu, depuis mon enfance, qu'une seule et unique passion, une seule curiosité, qui est la pensée non humaine. Toutes mes recherches et toutes mes réflexions depuis l'âge de quinze ans ont ce seul objet : que peut être une pensée autre que la mienne? Et que l'on cherche bien. La pensée non humaine, selon le beau titre de Jacques Gravent, ce peut être la pensée infrahumaine, c'est-à-dire animale, ou la pensée surhumaine étudiée par les parapsychologues, ou la pensée extra-terrestre. Les bêtes, la parapsychologie, les soucoupes volantes, tous ces niveaux de pensée n'étant probablement (mais ceci est une autre histoire) que des moments d'une évolution unique et multiforme que nous parcourons en un éternel cheminement ».

 Aimé Michel – Les tribulations d’un chercheur parallèle.

 

 

Aimé Michel est assurément une des figures tutélaires de l'ufologie française. D'abord parce que sa pensée féconde et « hors-norme » va l'amener à s'intéresser à un ensemble de  connaissances aussi hétéroclites que les M.O.C. (Mystérieux objets célestes), les phénomènes paranormaux, l'intelligence animale, de façon générale et continue, tous les ressorts de la pensée non-humaine et ce qu’il considérait comme son aboutissement, l’approche du surhumain pour paraphraser Michel Picard[1], auteur d’une remarquable hagiographie sur Michel qui recense également de nombreux articles de l’auteur publiés dans la revue « Planète ».

Sur les ovnis, le travail de Michel sera déterminant. L'homme a tout saisi, avant tout le monde ou presque, du caractère profondément exotique de la réalité et de l'apparente incohérence du phénomène. La vague de 1954 lui donnera l'occasion de compiler un ensemble de cas qu'il inventorie, cherchant y compris dans les mathématiques et la géographie, une intelligence globale à ces manifestations. Ses longues correspondances où il donne libre cours à sa plume, comme ses innombrables articles ou ses livres, lui feront édifier un réseau d'amitié considérable qui constituera pour une part le fameux « Collège invisible » que nous évoquerons plus avant.

 

Né en 1919 dans un petit village des Alpes provençales, le destin d’Aimé Michel est marqué par la poliomyélite qu’il contracte en 1925. Immobile et perclus de douleurs durant ses jeunes années, il découvre déjà par la force des choses, le refuge que représente la pensée, l’imaginaire et le rêve[2]. Cette terrible expérience sera néanmoins fondatrice de ses passions intellectuelles. Sa maladie l’ayant rendu inapte à l’activité manuelle, il poursuit des études de philosophie puis obtient en 1944 le concours d’ingénieur du son. Il rejoint alors le secteur de la recherche de l’ORTF.

Son intérêt pour les ovnis date de la vague scandinave de 1946[3]. Comme l’essentiel de l’opinion à cette époque, il est alors persuadé qu’il s’agit là de prototypes d’avions ou de fusées militaires. Plus que sceptique sur tous ces faits, y compris après la parution du livre du major Keyhoe[4], l’un des tout premiers ufologues américains, il continue de s’intéresser à tout ce qui touche à la parapsychologie, aux phénomènes ignorés ou mystérieux de la science, accumulant une documentation considérable.

 

Sa présence sur un reportage radiophonique consacré à la météorologie lui fait rencontrer Roger Clausse, ingénieur de la Météorologie Nationale, lequel lui transmet un dossier entier constitué de phénomènes inexplicables enregistrés par les stations météo. Les faits qui y sont mentionnés, suggèrent en tous points ceux évoqués par Keyhoe dans son livre et Aimé Michel se persuade définitivement de la réalité des ovnis. Les cas lui sont ici rapportés par des scientifiques professionnels, spécialistes en outre de l’observation des cieux et rejoignent pareillement ceux relevés par Keyhoe impliquant aussi des scientifiques.

« Je m'assois dans un coin, commençait à lire et reçus l'un des chocs de ma vie. Cette fois, il ne s'agissait plus d'articles de presse ni de livre douteux. Un peu partout, en Afrique Equatoriale, au Sahara en Amérique, en France, et même sur une base militaire proche de Paris, des techniciens de l'observation atmosphériques décrivaient exactement ce que j'avais lu dans Keyhoe… [5]».

Affecté au service Recherche de l’ORTF, il a tout loisir de rassembler tous les articles de presse parus sur le sujet et d’approfondir ses sources. A la lecture de Keyhoe, convaincu du double-langage de l’US Air Force, il tâche d’établir des contacts avec l’Armée qu’il conservera tout le long de son existence.

« [6]Mon enquête fut d'abord inspirée par une illusion dont la candeur, avec le recul des années, me paraît tout simplement navrante: je croyais que quelqu'un savait. Cette illusion, à vrai dire, je la tenais de Keyhoe lui-même, dont le livre était conçu de façon à faire croire que l'armée américaine cachait la vérité au public. Si donc l'armée américaine savait, l'armée française, son alliée, savait peut-être aussi ».

C’est sur cette base qu’il agite ses réseaux et parvient à obtenir un rendez-vous avec le capitaine Clérouin, alors en charge des services de renseignement de l’Armée de l’Air sous les ordres du général Chassin et Jean Latappy, un civil, dessinateur pour la revue « Forces aériennes françaises », féru de soucoupes volantes et qui comme Michel accumule et conserve toutes les pièces du dossier ovni –Latappy contribuant notamment à l’iconographie cartographique du « Mystérieux objets célestes » de Michel-.

« [7]Je ne me rappelle ni qui arriva le premier ni comment furent faites les présentations. Ils étaient deux, en civil l'un et l'autre, le capitaine C... et M. Latappy, " un ami". L'un hilare, décontracté, le verbe agile et truffé de calembours. L'autre sombre, émacié, l'œil ardent, la moustache énigmatique, un authentique agent de film d'espionnage. Mais le capitaine, c'était le premier. Et en moins de cinq minutes, je compris que tout le scénario dramatique imaginé par Keyhoe n'était qu'un rêve puéril.

- Le secret militaire ? Laissez-moi rire ! dit le capitaine en faisant ce qu'il disait. Des secrets sur de petites choses, tant que vous voulez. Ceux-là, on se les cache, on se les vole, on se les vend tant bien que mal un peu partout dans le monde. Mais une chose aussi énorme que les soucoupes volantes, vous n'y pensez pas ! Pour qu'un engin, un seul, à l'état de prototype, vole comme les soucoupes sont censées le faire, il faudrait, vous le savez aussi bien que moi, une révolution de la physique. C'est déjà énorme. Toutes les révolutions scientifiques se font simultanément dans tous les pays avancés, et ce que les Américains savent, les Russes le savent aussi à très peu d'écart près, et inversement. Ne m'objectez pas la bombe atomique : la bombe ne correspondait à aucune révolution scientifique. Mais surtout, pour permettre à une seule soucoupe de s'envoler, il faudrait une révolution industrielle, l'effort de tout un pays, une véritable mobilisation des richesses, des moyens et des esprits. Sacrebleu ! C'est comme si vous parliez de monter une locomotive dans ma chambre à coucher à mon insu ».

 

Aimé Michel est alors persuadé que l’Armée et les autorités publiques dans leur ensemble ne dissimulent rien sur les ovnis. Cette tournure d’esprit le séparera d’ailleurs définitivement des ufologues français qui reprendront à leur compte les idées conspirationnistes importées de l’ufologie américaine. La rencontre avec Latappy ayant encore accru ses sources, il est à la tête d’une documentation impressionnante lorsque parait en juillet 1953 son premier livre, « Lueurs sur les soucoupes volantes »[8].

Michel reste alors très ouvert sur la question et son but est de porter à la connaissance du plus large public les éléments du dossier ovni.

Evoquant ce premier livre il déclare : « Non seulement il ne prétendait pas apporter la preuve manquante, mais je me bornais à y présenter les diverses conclusions possibles sans me prononcer. Mon mobile était, à mes yeux du moins, limpide. Puisqu'on ne pouvait rien prouver, que du moins les faits allégués soient connus. Cette modeste ambition me semblait d'une logique aussi saine que celle de la preuve préalable ». Il évoque ainsi la controverse naissante aux Etats-Unis et les cas mondiaux les plus probants, en particulier pour l’année 1952 où il dresse des comptes-rendus de cas désormais célèbres, tels que l’œuf de Draguignan, les observations d’Oloron, de Gaillac, la soucoupe du Bourget ou le cigare de Marignane. Il y promeut également la théorie du capitaine Plantier sur la propulsion « électrogravitationnelle »

L’ambiance est alors à un certain optimisme et l’ovni semble à Michel, comme à beaucoup d’autres, intelligible à court terme puisqu’il ne faut y voir aucun secret militaire et que des scientifiques de bonne volonté se saisissent du sujet, malgré les protestations offensées de l’Union rationaliste et ses partisans. Ce premier livre est un succès et lui ouvre de nouveaux contacts comme Pierre Guérin, avec qui il se lie d’amitié. Il fait également la rencontre de Jean Cocteau, fasciné par le sujet, qui préfacera une édition ultérieure de l’ouvrage. Cocteau décrit ainsi Michel dans son journal : « [9]Je viens de recevoir la visite d'Aimé Michel (auteur du livre : Lueurs sur les soucoupes volantes). C'est un petit homme très jeune, presque rabougri, chauve et d'une intelligence rayonnante. Il va toujours plus loin que le plus loin et cela sans la moindre vague. Nous avons longuement parlé de cette aptitude nouvelle de la science à ne plus craindre ce qui la dérange ».

 

Cette volonté d’entreprendre enfin la recherche et de diffuser l’information sur les soucoupes dans le grand public va être largement aidée par la vague de 1954 en France, qui va à la fois donner une matière dense et immédiate au chercheur infatigable qu’est Michel, mais susciter encore de nouvelles interrogations qu’il ne cessera plus, dès lors, d’investiguer dans tous ses aspects. L’un des problèmes que soulève la vague d’ovni de 1954, et qui n’a jamais été résolu depuis, réside selon Michel dans l’administration de la preuve scientifique dans un contexte aussi prolifique en observations singulières, diversement vérifiées et investiguées. C’est Jean Cocteau qui lui suggère alors de « chercher l’ordre dans le désordre ». C’est ce souhait de distinguer une structure unique dans les observations d’ovnis qui va le conduire à formuler la théorie de l’Orthoténie.

En 1953, Jimmy Guieu et Aimé Michel sont déjà conjointement frappés par le fait que la fréquence des observations d’ovnis est plus soutenue lors des périodes où la terre se trouve être en grande proximité avec la planète Mars. Ce constat rejoint celui de l’ingénieur canadien Wilbert Smith, sur le même point. Cela permet à Aimé Michel d’annoncer dans un entretien à Paris-Match au printemps 1954, une vague pour la fin de l’année[10]. Sa théorie se trouve validée avec éclat par les événements en cascade de septembre et octobre. Deux années plus tard, sur la foi des mêmes arguments, Michel annonçait une vague pour l’année 1956 dans un article au « Saucerian Bulletin »[11], arguant de la proximité avec Mars et d’un déplacement progressif des vagues vers l’ouest. Il estimait donc qu’à la fin de l’année 1956, pouvait se dérouler une vague d’ovnis quelque part entre l’Europe orientale et le Moyen-Orient, sans que le fait ait été attesté aux latitudes indiquées. Michel croit voir dans les traitements statistiques par informatique de Jacques et Janine Vallée publiés dans « Les phénomènes insolites de l’espace » une validation de sa théorie des « cycles martiens »[12].

 

La vague de 1954 va donc offrir à Michel une matière brute de témoignages d’observations d’ovnis sans précédents en France, matière dont il est le contemporain et qu’il peut investiguer directement. Michel l’évoque en ces termes :

 

« [13]Sur ces entrefaites, survint la fameuse vague d'observations de l’automne 1954. Pendant cinq semaines environ, de la mi-septembre au 20 octobre, les journaux européens jusque-là pratiquement muets sur la question se mirent à publier chaque jour des dizaines et des dizaines de récits de témoins. En Italie, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, dans la péninsule Ibérique et naturellement en France, il ne fut pendant cette brève période question que de cela. Quelques flatteurs affirmèrent alors que la source de cette vague devait être cherchée dans mon livre, paru le printemps précédent. Hélas ! Mon livre était un four. On ne commença à le lire (peu) qu’après la fin de la vague. Et les innombrables témoins que j’interrogerai ignoraient jusqu'à mon existence, je dis en France, et à plus forte raison, à l’étranger. La vague passée, quelques amis et moi travaillâmes des mois durant à réunir tous les documents et à faire remplir des questionnaires. Vers 1956, je me trouvai ainsi à la tête d'une documentation énorme, chaotique et parfaitement délirante, dont il était impossible de tirer la moindre conclusion. Tout avait été "vu" en septembre-octobre 1954. Des objets en l’air, des échos radar, des objets en formation, des objets au sol, et même leurs pilotes ! En cent endroits, des moteurs d'auto ou de camions avaient été stoppés lors du passage en rase-mottes d'une soucoupe, des phénomènes électriques d'induction observés, de la terre arrachée au sol par un engin prenant l’air brutalement. II y avait des traces au sol, des rémanences magnétiques faisant dévier la boussole, des témoignages concordants d'observateurs éloignés les uns des autres et ne se connaissant pas. On pouvait même souvent, par exemple le 3 octobre, suivre un engin à la trace à travers la France, de témoignage en témoignage. Mais, d'un autre côté, le tout présentait un aspect si délibérément démentiel que même les chercheurs les plus blasés penchaient à donner raison au professeur Heuyer, auteur d'une retentissante communication à l’Académie de Médecine sur l’origine psychopathologique de la psychose soucoupique ».

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Published by magonia51
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panenka 09/10/2016 16:33

La plus grande figure de l'ufologie, celui que Bowen décrivait comme le "maître esprit" parmi les chercheurs.Toutes ses interventions respiraient l'intelligence et l'imagination utile.Je possède une édition de "mystérieux objets célestes", originale et dédicacée ; pour rien au monde je ne m'en séparerais.Je précise que j'ai vu un ovni, en forme de disque, étant âgé de 10 ans, alerté par un paysan et son fils, témoins eux aussi.

panenka 09/10/2016 16:32

La plus grande figure de l'ufologie, celui que Bowen décrivait comme le "maître esprit" parmi les chercheurs.Toutes ses interventions respiraient l'intelligence et l'imagination utile.Je possède une édition de "mystérieux objets célestes", originale et dédicacée ; pour rien au monde je ne m'en séparerais.Je précise que j'ai vu un ovni, en forme de disque, étant âgé de 10 ans, alerté par un paysan et son fils, témoins eux aussi.

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